Au Sénégal, les autorités ont multiplié les prises de parole après les violences survenues sur le campus social de l’Université Cheikh-Anta-Diop (UCAD) de Dakar, qui ont coûté la vie à Abdoulaye Ba, étudiant en chirurgie dentaire. Les ministres de la Justice, de l’Intérieur et de l’Enseignement supérieur ont qualifié les événements de tragédie tout en défendant l’intervention des forces de l’ordre.
La garde des Sceaux, Yassine Fall, a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire, soulignant qu’aucun décès ne saurait être toléré dans un cadre universitaire. De son côté, le ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, a justifié l’intervention policière par des informations faisant état de projets de dégradations d’infrastructures. Il a évoqué des actes de vandalisme visant notamment des restaurants universitaires et affirmé que des armes artisanales et des grenades lacrymogènes auraient été découvertes dans certaines chambres d’étudiants.
Concernant les retards dans le paiement des bourses, à l’origine des protestations, le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom, a parlé d’un malentendu lié à une réforme visant à harmoniser les calendriers académique et financier. Il a également mis en cause la représentativité de certains leaders étudiants, évoquant d’éventuelles influences politiques.
Ces déclarations ont suscité de vives réactions. Le collectif des Amicales de l’UCAD prévoit de porter plainte contre l’État et réclame un dialogue sur les réformes envisagées. Plusieurs organisations étudiantes demandent le maintien des acquis sociaux.
Dans l’immédiat, les autorités ont décidé de fermer le campus social jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure contraint de nombreux étudiants à regagner leurs familles, souvent éloignées, alors que la préparation des examens est perturbée et que l’incertitude demeure sur la reprise normale des activités universitaires.
