L’affaire de l’évasion de l’ex-chef rebelle Nourd Grégaza connaît un nouveau développement en Centrafrique avec la découverte du corps d’un policier arrêté dans le cadre de l’enquête. Romaric Mokoboulou a été retrouvé en début de semaine à la morgue de l’hôpital général de Bangui, environ six semaines après son interpellation.
Le policier avait été arrêté à la mi-décembre, aux côtés de deux collègues, peu après la fuite du dirigeant du Parti du rassemblement de la nation centrafricaine (PRNC). Depuis son arrestation, il n’avait jamais été présenté à un juge et son lieu de détention était resté inconnu.
Selon une source sécuritaire, Romaric Mokoboulou aurait été extrait de son lieu de détention, puis torturé et exécuté sans procédure judiciaire. Sa famille ainsi que plusieurs organisations de défense des droits humains réclament désormais l’ouverture d’une enquête indépendante pour faire la lumière sur les circonstances de sa mort.
La Ligue centrafricaine des droits de l’homme évoque une exécution extrajudiciaire et dénonce une violation grave des droits fondamentaux. Son président, Joseph Bindoumi, a sollicité une rencontre avec le chef de l’État, Faustin-Archange Touadéra. Jusqu’à présent, les autorités n’ont pas officiellement réagi à l’affaire.
L’évasion de Nourd Grégaza, survenue à la mi-décembre dans les locaux de l’Office central de répression du banditisme, continue de susciter de nombreuses interrogations. Des soupçons de complicités internes au sein de cette unité d’élite sont régulièrement évoqués, alimentant les tensions autour de cette affaire sensible.
