Au Mali, la situation des populations civiles s’est fortement dégradée en 2025, selon le rapport annuel publié le 6 février par le Collectif pour la défense des droits du peuple de l’Azawad (CD-DPA). Ce document de 70 pages dresse un tableau alarmant des violations des droits humains commises dans le nord et le centre du pays. Le collectif affirme que 553 civils ont perdu la vie au cours de l’année écoulée.
Au total, 374 incidents sont répertoriés, détaillant la nature des exactions, leurs lieux et leurs auteurs présumés. Le CD-DPA met principalement en cause les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs alliés russes. Parmi les faits marquants figure l’enlèvement, en mai 2025, de 23 personnes sur le marché à bétail de Diafarabé, dans la région de Mopti. Les victimes auraient été exécutées, leurs corps retrouvés dans une fosse commune.
Le rapport souligne également une multiplication des frappes de drones. En octobre 2025, une attaque à Beydi, près de Gossi, a fait 22 morts lors d’une cérémonie de mariage. Une autre frappe, en mars, a tué 18 personnes à la foire d’Adjeir, dans la zone de Tombouctou. Les attaques contre des convois civils sont aussi pointées du doigt, notamment sur l’axe Gao-frontière algérienne, où 40 personnes ont été tuées en février 2025.
Outre les homicides, le collectif recense des actes de torture ainsi que sept cas de viols. Il appelle la communauté internationale à diligenter des enquêtes indépendantes et exige l’arrêt immédiat des violences visant les populations civiles.
