RDC : Jean-Pierre Lacroix en déplacement au cœur des tensions sécuritaires et des blocages politiques

Le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, a entamé lundi une visite officielle en République démocratique du Congo, dans un contexte marqué par une instabilité persistante dans l’est du pays et par des tensions politiques à Kinshasa.

Cette mission de deux jours doit permettre au responsable onusien d’échanger avec les autorités congolaises, l’opposition, les confessions religieuses ainsi que la société civile. Il est notamment attendu par le président Félix Tshisekedi pour discuter du rôle de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco), désormais impliquée dans le mécanisme de surveillance du cessez-le-feu entre les forces gouvernementales et les rebelles de l’AFC/M23.

Sur le terrain, la situation demeure préoccupante. Malgré les initiatives diplomatiques et les accords signés ces derniers mois, les affrontements se poursuivent dans l’est du pays, où les rebelles soutenus par Kigali restent actifs. Le retrait des Casques bleus du Sud-Kivu en 2024, à la demande de Kinshasa, a par ailleurs laissé un vide sécuritaire qui a favorisé l’avancée des groupes armés.

Le déplacement de Jean-Pierre Lacroix intervient également alors que le pouvoir congolais évoque la possibilité d’un dialogue politique national. Toutefois, les conditions posées par le gouvernement sont contestées par l’opposition. Les responsables religieux, notamment la Cenco et l’Église protestante, tentent de promouvoir une médiation pour sortir de l’impasse.

La délégation onusienne doit ensuite se rendre à Béni, devenu centre opérationnel de la Monusco dans l’est après la chute de Goma. Si la zone est relativement épargnée par le M23, elle reste régulièrement frappée par les attaques meurtrières des ADF, affiliées au groupe État islamique. Depuis le début de l’année, ces violences ont causé la mort d’au moins 62 civils, malgré la présence des forces congolaises, ougandaises et onusiennes.