En République démocratique du Congo, les déclarations du président Félix Tshisekedi sur un éventuel troisième mandat suscitent une vive controverse. Lors d’une conférence de presse tenue le 6 mai, le chef de l’État a affirmé qu’il pourrait se représenter si « le peuple le demande », évoquant également la possibilité de reporter l’élection présidentielle prévue en 2028 si la guerre dans l’est du pays se poursuivait.
Ces propos ont immédiatement déclenché des réactions dans l’opposition et au sein de la société civile. À Kinshasa, l’opposant Delly Sesanga a dénoncé une volonté assumée de modifier les règles du jeu démocratique. Selon lui, le pouvoir chercherait désormais à préparer ouvertement un maintien prolongé de Félix Tshisekedi à la tête du pays.
Depuis l’exil, Claudel-André Lubaya a pour sa part invoqué l’article 220 de la Constitution, qui verrouille la limitation des mandats présidentiels. Il estime qu’un recours à la « volonté populaire » pour justifier une révision constitutionnelle constituerait une violation de l’esprit de la loi fondamentale.
Même tonalité du côté de Francine Muyumba, membre du camp de Joseph Kabila, qui promet une mobilisation contre toute tentative de prolongation du pouvoir présidentiel.
Le mouvement citoyen Lucha soulève également une contradiction : si l’insécurité empêche l’organisation d’élections dans certaines provinces de l’est, comment un référendum constitutionnel pourrait-il s’y tenir ?
Plusieurs figures majeures de l’opposition, comme Martin Fayulu ou Moïse Katumbi, n’ont pas encore officiellement réagi, tandis que la Conférence épiscopale nationale du Congo prépare également sa position. Le débat autour d’une éventuelle révision constitutionnelle semble désormais pleinement relancé en RDC.
