Attentat de Marrakech : Les premiers indices de l’enquête conduisent à Al Qaïda

L’attentat commis jeudi 28 avril contre un restaurant très fréquenté par les touristes au centre-ville de Marrakech, peut-il paralyser le processus de réformes démocratiques annoncées le 9 mars dernier par le Roi Mohammed VI ? C’est la grande question que se posent les observateurs au Maroc comme à l’étranger.

Cet acte criminel perpétré contre le secteur touristique, un des nerfs moteurs de l’économie marocaine, sent clairement, de par son timing et sa cible, la déstabilisation du pays. Il intervient à l’heure où le pays se trouve engagé dans des réformes politiques et démocratiques sans précédent qui sera bientôt entérinée par un référendum populaire.

Face aux visées déstabilisatrices des commanditaires de l’attentat non encore revendiqué, responsables politiques et simples citoyens marocains déclarent être profondément attachés au processus démocratique en cours de construction. Pour le gouvernement, ces réformes constituent «une option stratégique qui ne connaîtra aucune interruption». Ce n’est donc, pas l’attentat terroriste de Marrakech qui va les suspendre ou les paralyser. A travers leurs déclarations, les pouvoirs publics marocains excluent indirectement, tout dérapage sécuritaire du genre de ceux qui ont suivi les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca.

Les enquêteurs qui sont à pied d’œuvre sur les lieux de l’attentat et qui n’excluent pour le moment aucune piste, penchent, sur la base des indices déjà recueillis, vers la piste qui conduit directement au réseau terroriste Al Qaïda, remarquablement présent dans la bande sahélo-saharienne.

Pour les observateurs marocains et étrangers, les pouvoirs publics se doivent d’éviter à tout prix de tomber dans le piège des terroristes qui chercheraient à déstabiliser le pays au moment où ce dernier s’est engagé de manière irréversible sur la voie de la démocratie.

Bon nombre de Marocains se demandent aujourd’hui pourquoi les terroristes se sont attaqués à la ville très touristique et très paisible de Marrakech. Dans des éléments de réponse à cette interrogation, Roland Jacquard, Président de l’Observatoire international du terrorisme et conseil stratégique de la lettre Sentinel n’exclue pas la main de la nébuleuse terroriste Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) dans cet horrible attentat.
« N’oubliez pas qu’Al-Qaïda a toujours fait du tourisme l’une de ses cibles principales, parce que cela fait beaucoup d’étrangers, des gens de nationalités différentes, donc il y a un impact médiatique très fort » commente cet expert auprès des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU et du Conseil de l’Europe. Et de rappeler à ce titre les attentats semblables commis à Djerba en Tunisie, à Charm-el-Cheikh en Egypte, au Kenya…Ce sont toujours les cibles touristiques qui sont préférées, parce que, explique-t-il, « les kamikazes peuvent se mêler plus facilement à une foule bigarrée : un jeune homme avec un sac à dos sur cette place, cela n’a rien d’anormal.» L’identité de l’auteur et des commanditaires de l’attentat de Marrakech ne tardera surement pas à se révéler surtout avec l’offre de collaboration que les enquêteurs marocains viennent de recevoir de l’Interpol.

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