Côte d’Ivoire: Fin de l’opération de désarmement des combattants

addrLe gouvernement ivoirien a mis fin aux activités de l’Autorité de démobilisation, de désarmement et de réinsertion (ADDR), au terme de sa mission de désarmement des ex-combattants.

C’est l’annonce faite ce mercredi par le ministre Bruno Koné, le porte-parole du Gouvernement, au cours d’une conférence de presse tenue à l’issue du conseil des ministres que présidait Alassane Ouattara.

L’ADDR, a été créée en 2012, et avait pour mission le désarmement des ex-combattants de la crise postélectorale de 2010 qui a fait plus de 3000 morts dans le pays. En trois ans, elle a réussi à réinsérer environ 55.000 ex-combattants sur 64.000, soit un taux de 85%, s’est félicité le porte-parole du gouvernement.

Les dernières données, communiquées le 4 juin par M. Fidèle Sarassoro, le directeur général de l’ADDR, a laissé savoir que 54.424 ex-combattants avaient été réinsérés.

Mais pour plusieurs experts, ces chiffres et le niveau réel de réinsertion sont pour des raisons politiques exagérées. Il serait selon eux bien en deçà des chiffres avancés par le gouvernement.

Même si le gouvernement a officiellement mis fin à ses activités, selon un des membres, l’ADDR continuera à enrôler des volontaires jusqu’au 30 juin.

Aussi une cellule de coordination, de suivi et de réinsertion, créée ce mercredi par décret, se chargera de prendre le relais de l’ADDR pour assurer la gestion du dossier de la réinsertion.

Avec un budget de plus de 140 millions d’euro, l’ADDR, en plus de la réinsertion des ex-combattants, a collecté plus de 45.500 armes, notamment des kalachnikov, des obus, des grenades, ainsi que 2,5 millions de munitions ont été collectées.

La Côte d’Ivoire pays reconnu pour sa stabilité a connu une décennie de crise politico-militaire, dont la plus grave a été marquée en 2002 par la partition du pays entre un Nord aux mains d’une rébellion et un Sud contrôlé par le camp de l’ex-président Laurent Gbagbo, au pouvoir entre 2000 et 2011.

Cette crise a culminé avec les violences postélectorales de 2010-2011, causées par le refus de M. Gbagbo de reconnaître la victoire de M. Ouattara à la présidentielle de novembre 2010.

D’octobre 2010 à avril 2011, plus de 3.000 personnes ont péri en cinq mois de crise, au bout de laquelle la rébellion a réussi avec l’aide des forces des nations unies et celles de la France a chassé Laurent Gbagbo du pouvoir.

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