Face à l’instabilité mondiale, le Sénégal sécurise son approvisionnement en hydrocarbures

Le Sénégal renforce son dispositif de veille économique après la fermeture du détroit d’Ormuz, axe stratégique par lequel transite une part considérable du pétrole mondial. Mardi, le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé à Dakar une réunion exceptionnelle dédiée à l’évolution du secteur des produits pétroliers, dans un climat international marqué par une escalade militaire au Moyen-Orient.

Le chef du gouvernement, également président de Pastef Les Patriotes, avait récemment alerté sur les risques d’un choc économique global. Il soulignait que la perturbation durable des flux pétroliers pourrait provoquer une flambée des prix de l’énergie, accentuer les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et alimenter une hausse du coût de la vie. Pour un pays fortement dépendant des importations d’hydrocarbures, l’impact pourrait être significatif, affectant la stabilité budgétaire, l’investissement et même la sécurité alimentaire.

Les données commerciales traduisent déjà cette sensibilité. En décembre 2025, les importations de produits pétroliers ont maintenu un niveau élevé malgré une contraction globale des importations (-24,6 % en glissement annuel). Les « autres produits pétroliers » ont atteint 105,5 milliards de FCFA, tandis que les produits pétroliers se sont établis à 90,4 milliards. Sur l’ensemble de l’année, seuls les produits pétroliers progressent (+23,3 %), alors que le groupe « Énergie et lubrifiants » recule de 10,7 %, à 1 953,1 milliards de FCFA.

La Russie reste le premier fournisseur du Sénégal en énergie et lubrifiants, devant l’Espagne et la France.

À l’issue de la rencontre, un comité interministériel a été instauré afin d’assurer un suivi continu de la situation, d’évaluer les options d’approvisionnement alternatif et de préserver le pouvoir d’achat des ménages vulnérables face à une possible poussée inflationniste.