Des détenus politiques de premier plan au Burundi, élargis provisoirement pour des raisons sanitaires

L’ancien Premier ministre burundais, le général Alain-Guillaume Bunyoni condamné en 2023 à la prison à perpétuité pour complot contre l’actuel Chef de l’Etat du pays, a été «libéré provisoirement ce 11 mars pour des raisons médicales», selon des sources judiciaires et familiales.

Selon des confidences d’une source judiciaire ayant requis l’anonymat auprès du confrère AFP, Alain-Guillaume Bunyoni «était hospitalisé depuis octobre 2025 à l’hôpital régional de Gitega (centre), la capitale administrative du Burundi, et a bénéficié d’une liberté provisoire pour des raisons médicales».

«Une ambulance l’a amené directement à son domicile à Bujumbura où il est arrivé à la mi-journée. Il est avec sa famille et a commencé à être soigné. Son état est plus que préoccupant», a détaillé cette source.

Diabétique, le général Alain-Guillaume Bunyoni a «vu son état s’aggraver en prison où il a été pendant longtemps privé de soins adéquats», ont déploré des sources pénitentiaires proches de lui. Il souffrait de «pertes de motricité et de la parole», avaient révélé fin 2025, des proches et des organisations de défense des droits de l’Homme.

Alain-Guillaume Bunyoni avait été nommé Premier ministre en juin 2020 par le Président Evariste Ndayishimiye. Il a été démis brutalement de ses fonctions en septembre 2022, quelques jours après que le Chef de l’Etat eut dénoncé des «velléités de coup d’Etat» au Burundi.

Dans la foulée, fin 2023, l’ex-officier Bunyoni avait été jugé coupable d’avoir voulu «renverser le Gouvernement et d’avoir menacé la vie d’Evariste Ndayishimiye, ainsi que d’enrichissement illégal et de déstabilisation de l’économie» de ce pays des Grands Lacs.

D’autres prisonniers de premier plan au Burundi dont le colonel Michel Kazungu, condamné à la prison à perpétuité pour une tentative de coup d’Etat en mai 2015 contre le défunt Président, Pierre Nkurunziza ont également bénéficié ce 11 mars «d’une liberté provisoire pour des raisons de santé.