Adoption au Cameroun d’un nouveau code pénal sur fonds de controverses

assemblee-nationale_camerounCe mercredi, une réforme très controversée du code pénal camerounais a été adoptée par l’Assemblée nationale, au cours d’un vote boycotté par le principal parti d’opposition et dénoncé par plusieurs acteurs politiques et juridiques.

Le maintien de la peine de mort, l’homosexualité toujours passible de cinq ans de prison, l’immunité concédée aux ministres, la pénalisation de l’adultère…, voila des points saillants de la discorde que suscite le nouveau code pénal.

L’opposition et la société civile déplorent ainsi une réforme préparée sans concertation, et ont exigé en vain, le retrait de cette réforme, adoptée à l’Assemblée où le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) dispose d’une écrasante majorité. Peu avant le vote, les députés du Social Democratic Front (SDF), principal parti d’opposition, ont quitté la salle.

Joshua Osih, député et premier vice-président du SDF, a dénoncé l’introduction dans le code pénal, d’une disposition concédant l’immunité, dont jouit déjà le président de la République, aux membres du gouvernement en exercice. Il fustige également le maintien de la peine de mort. En un an, la justice camerounaise a condamné à mort, 89 membres du groupe islamistes nigérian Boko Haram pour « terrorisme », avaient indiqué le 18 mars dernier, des sources judiciaires.

De son côté, l’avocate Alice N’kom, désapprouve les mesures contre l’homosexualité. « Nous regrettons le maintien de la pénalisation de l’homosexualité », a-t-elle laissé entendre. La nouvelle loi pénale réprime l’homosexualité d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison ferme.

Le nouveau texte pénalise également l’adultère, notamment des hommes, ce que dénonce aussi l’avocate, pour qui l’adultère doit rester «une cause péremptoire du divorce, sans plus».

Le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Rédhac), dont Mme Nkom est la présidente du conseil d’administration, a déploré un texte « préparé en catimini au ministère de la Justice », avant son dépôt à l’Assemblée nationale le 13 juin dernier.

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