RDC : l’ONU alerte sur des détentions de responsables politiques et une dégradation des droits humains

En République démocratique du Congo, la situation des droits humains continue de susciter de vives inquiétudes. Dans son dernier rapport mensuel, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme fait état d’au moins 42 membres de partis politiques détenus à la fin du mois de janvier 2026.

Selon ce document, ces arrestations ont été opérées par différents services de renseignements, notamment le Conseil national de cyberdéfense, la justice militaire ou encore des agents non identifiés. Les personnes concernées seraient détenues à la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa, ainsi que dans plusieurs lieux de détention clandestins.

Le rapport souligne que la majorité des détenus appartiennent à des partis d’opposition. Parmi eux figurent des membres du parti « Ensemble pour la République » de Moïse Katumbi, ainsi que du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation liée à l’ancien président Joseph Kabila. Le Emmanuel Ramazani Shadary et Aubin Minaku figurent notamment parmi les personnalités détenues.

Au-delà de ces cas, le BCNUDH recense au moins 439 violations des droits humains pour le seul mois de janvier 2026. Les groupes armés restent les principaux responsables des violences, en particulier dans les provinces de l’est du pays, régulièrement touchées par l’insécurité.

Dans un précédent rapport publié en mars, l’ONU évoquait déjà près de 500 personnes détenues dans des installations relevant de l’Agence nationale de renseignements, du CNC et des services de renseignement militaire. L’organisation appelait alors les autorités congolaises à transférer ces détenus devant les juridictions compétentes.

Ces nouvelles données illustrent une dégradation persistante de la situation sécuritaire et des libertés publiques dans le pays, sur fond de tensions politiques et de défis humanitaires croissants.