Mali : vague d’enlèvements attribués à la sécurité d’État, l’inquiétude grandit

Au Mali, les disparitions forcées de figures politiques et de la société civile se multiplient, suscitant une vive inquiétude. Après l’enlèvement de Mountaga Tall, critique de la transition, plusieurs autres personnalités ont été emmenées ces derniers jours par des hommes armés et cagoulés, selon des témoignages concordants.

Parmi elles figure Youssouf Daba Diawara, arrêté lundi à Bamako alors qu’il quittait un restaurant. Proche de l’imam Mahmoud Dicko, aujourd’hui en exil, il avait déjà été incarcéré en 2024 après avoir participé à une manifestation prodémocratie. Depuis son interpellation, ses proches sont sans nouvelles.

Autre cas signalé : celui de Moussa Djiré, dirigeant du mouvement Yiriwa 223, enlevé dimanche soir. Son nom circule dans un contexte tendu, après la diffusion d’un enregistrement téléphonique avec Oumar Mariko, lui-même accusé par la justice militaire de « complicité » dans les attaques du 25 avril. Ce dernier rejette fermement ces accusations et affirme que plusieurs de ses proches ont également été enlevés.

Des arrestations auraient aussi eu lieu dans des écoles coraniques à Bamako et dans ses environs, visant enseignants et élèves, tandis que des militaires seraient interpellés dans le cadre d’enquêtes liées aux récentes attaques meurtrières.

Ces opérations, menées en dehors de tout cadre judiciaire connu, inquiètent les organisations de défense des droits humains. Amnesty International appelle les autorités à clarifier le sort des personnes disparues et à respecter les procédures légales. Des observateurs redoutent une stratégie visant à réduire au silence les voix critiques, dans un climat sécuritaire et politique de plus en plus tendu.