En République démocratique du Congo, la tension politique demeure vive à Kinshasa, où les interpellations de responsables proches de l’ancien président Joseph Kabila continuent d’alimenter la controverse. Dans la nuit de samedi à dimanche, Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale et vice-président du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), a été arrêté à son domicile par des hommes armés présentés comme appartenant à un service de sécurité de la présidence.
Les proches de l’ancien dignitaire dénoncent un « enlèvement » et affirment ignorer le lieu de sa détention. Cette arrestation suscite une vive colère au sein du PPRD, d’autant plus qu’Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du parti, est lui aussi détenu depuis plusieurs semaines par le même service.
Joint à Kinshasa, Ferdinand Kambere, secrétaire permanent adjoint du PPRD, a vivement critiqué ce qu’il qualifie de « méthodes d’un autre âge ». Il affirme que les avocats d’Emmanuel Ramazani Shadary n’ont toujours pas pu accéder à leur client et dénonce une volonté de « criminaliser l’opposition » et toute prise de position critique sur la gestion actuelle du pays.
Le parti exige la libération immédiate et sans condition de ses responsables arrêtés, ainsi que de toutes les personnes interpellées dans des circonstances similaires. Pour le PPRD, ces pratiques traduisent une dérive grave du pouvoir en place et participent, selon ses dirigeants, à l’instauration d’un climat de « dictature » ou de « tyrannie » en RDC.
