En Côte d’Ivoire, la justice a engagé des poursuites contre un haut responsable du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principale formation d’opposition. Son secrétaire exécutif, Calice Yapo, a été inculpé mercredi 28 janvier à Abidjan pour « diffamation », « trouble à l’ordre public » et « tribalisme », à la suite de propos tenus sur le processus électoral. À l’issue de son audition, il a toutefois été remis en liberté.
L’affaire trouve son origine dans un contentieux lié aux récentes élections législatives dans la circonscription de Toumodi, au centre du pays. Dans cette localité proche de Yamoussoukro, le Conseil constitutionnel a invalidé les résultats du scrutin après des irrégularités signalées par Raymonde Coffie Goudou, candidate du RHDP, le parti au pouvoir dirigé par le président Alassane Ouattara.
En déplacement à Toumodi pour une réunion de mobilisation des militants, Calice Yapo aurait tenu des propos virulents à l’encontre de personnes ayant mis en cause le député sortant du PDCI, accusé de fraude électorale. Ces déclarations ont conduit à son interpellation par la police le mardi 27 janvier, suivie d’une nuit en garde à vue avant sa présentation au procureur.
Au sein du PDCI, l’inculpation suscite des inquiétudes. Un cadre du parti évoque, sous couvert d’anonymat, « un climat d’intimidation visant les responsables politiques de l’opposition ». Dans un communiqué officiel, la direction du parti appelle néanmoins ses militants au calme et à la retenue.
Le procès de Calice Yapo est attendu le 20 février prochain.
