RDC : Ebola circulait depuis des mois avant d’être détecté, selon une étude

En République démocratique du Congo, une mission scientifique révèle que l’épidémie d’Ebola aurait commencé plusieurs mois avant sa déclaration officielle, le 15 mai 2026. Selon des conclusions préliminaires publiées par la revue Science, les premiers cas remonteraient à janvier dans la cité minière de Mongbwalu, en Ituri, aujourd’hui principal foyer de l’épidémie.

Après plusieurs semaines d’enquête de terrain, les chercheurs estiment qu’un habitant d’une zone rurale aurait introduit le virus à Mongbwalu, où une chaîne de transmission se serait progressivement installée. Parmi les premiers cas recensés figure une femme décédée le 25 janvier après avoir présenté des symptômes compatibles avec Ebola, avant que plusieurs membres de son entourage ne tombent malades.

Cette chronologie laisse penser qu’au moment où les autorités ont officiellement confirmé l’épidémie, celle-ci était déjà largement installée. Les chercheurs avancent plusieurs facteurs ayant retardé sa détection, notamment la confusion avec d’autres maladies, le recours aux médecines traditionnelles, certaines croyances locales ainsi que l’absence de signaux d’alerte dans les structures de santé.

Le dernier bilan officiel fait état de 3 748 cas confirmés et 1 657 décès, tandis que l’épidémie s’est étendue à cinq provinces, bien que l’Ituri demeure son principal épicentre. Le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, est attendu à Bunia afin de renforcer la coordination de la riposte.

L’épidémie entraîne également une crise sanitaire indirecte. Selon l’UNFPA, la peur de la contamination pousse de nombreuses femmes enceintes à éviter les centres de santé, provoquant une forte hausse de la mortalité maternelle. Depuis fin mai, le nombre de décès liés à la grossesse a doublé en Ituri et plus d’une centaine de décès maternels évitables ont été recensés, illustrant l’impact croissant d’Ebola sur l’ensemble du système de santé.