Gabon : Libreville veut entrer au capital d’Eramet pour renforcer sa souveraineté minière

Le Gabon souhaite devenir actionnaire du groupe minier français Eramet afin d’accroître son influence dans l’exploitation et la transformation du manganèse, ressource stratégique dont le pays est l’un des principaux producteurs mondiaux. L’annonce a été faite à l’issue d’une rencontre entre le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et la directrice générale d’Eramet, Christel Bories, en marge du sommet Africa Forward organisé à Nairobi.

Selon la présidence gabonaise, cet accord constitue une étape majeure dans la stratégie de « souveraineté minière » engagée par Libreville. L’État gabonais détient déjà 29 % de Comilog, société qui exploite le manganèse de Moanda, dans l’est du pays.

Le chef de l’État gabonais pousse depuis plusieurs mois pour une transformation locale accrue du minerai, utilisé notamment dans la fabrication de l’acier. Les autorités assurent que des engagements précis ont été pris afin d’accélérer l’industrialisation du secteur minier sur le territoire national.

Lors des discussions, un financement de 225 millions d’euros a également été confirmé pour la modernisation du chemin de fer transgabonais, infrastructure essentielle pour l’acheminement du manganèse entre Moanda et le port d’Owendo.

Toutefois, plusieurs zones d’ombre demeurent concernant l’entrée du Gabon au capital d’Eramet. Ni le niveau exact de participation envisagé ni les modalités de l’opération n’ont été précisés. De son côté, le groupe français s’est montré plus prudent, indiquant simplement avoir pris acte de l’intention de Libreville de participer à une augmentation de capital de 500 millions d’euros, qui sera soumise aux actionnaires lors de l’assemblée générale prévue le 27 mai.