Le Centrafrique renoue avec la violence

sangaris-soldatsLa situation sécuritaire en Centrafrique redevient inquiétante. Alors que la force militaire française Sangaris qui est en fin de mission, quitte le pays, les violences refont surface, après plusieurs mois d’accalmie.

Enlèvement de policiers en plein Bangui, villages attaqués en province, rebelles qui ne désarment pas, c’est ainsi que les observateurs résument la situation actuelle dans le pays.

Alors que l’espoir renaissait dans une Centrafrique «apaisée», qui a tournée dos à une transition politique chaotique et à trois années de conflits, et qui avait même reçu, en novembre 2015, le pape François en visite à Bangui, la situation sécuritaire demeure extrêmement fragile dans le pays.

En témoigne le regain de tensions à Bangui la semaine dernière, le plus fort depuis l’élection de Faustin-Archange Touadéra fin février. Six policiers ont été pris en otage par un «groupe d’autodéfense» du PK5, le quartier musulman de Bangui, où une opération des Casques bleus de la Minusca s’est soldée par sept morts et une vingtaine de blessés, selon des sources hospitalières.

« Nous sommes face à des groupes armés qui détiennent toujours des armes de guerre en quantité…Tant qu’ils ne seront pas désarmés, il n’y aura pas d’accalmie durable et on continuera d’enregistrer des pics de violences », a réagi le ministre de la Sécurité, Jean-Serge Bokassa. « Ces groupes sont des criminels et rien d’autres, ils se livrent à des activités de grand banditisme et tuent impunément mais n’ont pas d’agenda politique », estime le ministre, qui espère qu’avec la Minusca, le pays « arrivera à neutraliser tous ceux qui défient l’autorité de l’Etat ».

Un regain de tentions qui intervient, alors que la France vient d’annoncer la fin de l’opération Sangaris, déclenchée dans l’urgence en décembre 2013 pour stopper les massacres intercommunautaires entre ex-rebelles Séléka et milices chrétiennes anti-Balaka. Les effectifs français se résument désormais à 350 hommes (contre 2.500 au plus fort des tensions), censés constituer «une force de réserve tactique » en appui à la force onusienne, selon l’état-major à Paris.

 

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