Soudan/Trois ans de guerre fratricide : L’ONU éclaire sur des crimes peu connus du grand public international

Le Soudan a entamé ce 15 avril, la 4è année de sa guerre fratricide opposant les Forces de soutien rapide (FSR) et les Forces armées républicaines, avec à la clé un lourd bilan de plusieurs milliers de morts parmi les civils et les hommes armés en plus de millions de déplacés.

A cette occasion, Denise Brown, principale responsable humanitaire de l’ONU au Soudan, a tiré sur la sonnette d’alarme en matière de violation des droits humains.

«Des civils continuent d’être tués, déplacés et soumis à des violences sexuelles généralisées (…) Une donne appelant à une action urgente pour mettre fin aux combats et protéger les populations», a souligné Denise Brown.

«Nous sommes vraiment dans un cycle qui se répète au Soudan -violences sexuelles, déplacements, morts : tout se répète», a déplora Denise Brown.

Des Rapports du Bureau des droits de l’Homme de l’ONU et de partenaires humanitaires «font état de viols généralisés, y compris de viols collectifs, en particulier au Darfour. Ces violences sexuelles s’inscrivent dans un schéma systémique, et les femmes et les filles en subissent les conséquences», a insisté Mme Brown.

Au cours de l’année 2025, les humanitaires au Darfour ont pris en charge près de «2.500 survivantes de violences sexuelles. L’impact dépasse largement les victimes directes. Il faut aussi s’attaquer aux grossesses résultant de ces violences, et à leurs conséquences pour les victimes, les familles, les communautés -et surtout pour les enfants», alertent en outre les services humanitaires onusiens.

La Mission internationale indépendante d’établissement des faits de l’ONU pour le Soudan évoque «désormais des signes caractéristiques de génocide».

Denise Brown pointe également «les massacres autour d’El Fasher, où, selon des informations vérifiées, 6.000 personnes auraient été tuées en trois jours, un bilan probablement bien sous-estimé». Les Nations Unies estiment que la guerre au Soudan a généré la «pire crise humanitaire de l’heure sur la planète».