La recrudescence des violences faites aux femmes et aux enfants suscite une vive inquiétude au Cameroun. Confronté à une série de crimes qui ont choqué l’opinion publique, le gouvernement a reconnu l’ampleur du phénomène lors d’une conférence de presse tenue le 1er juin, évoquant une hausse continue des féminicides et des infanticides.
Les statistiques officielles témoignent d’une aggravation de la situation. Le pays a enregistré 50 féminicides en 2023, 67 en 2024 et 77 en 2025. Les quatre premiers mois de 2026 confirment cette progression avec déjà 50 femmes assassinées, 13 infanticides et plusieurs cas de violences sexuelles signalés.
Pour la ministre Marie-Thérèse Abena Ondoa, ces chiffres demeurent largement sous-estimés. De nombreuses victimes ou familles hésitent encore à saisir la justice par peur des représailles, du regard social ou d’un manque de confiance envers les institutions chargées de leur protection.
Les autorités soulignent que les auteurs de ces violences appartiennent souvent à l’entourage immédiat des victimes. Conjoints, proches parents ou voisins figurent parmi les principaux mis en cause dans les affaires recensées.
Malgré l’existence de numéros d’urgence, de centres d’accueil et d’unités spécialisées au sein des forces de sécurité, les organisations de défense des droits des femmes dénoncent l’insuffisance des mécanismes de prise en charge et les difficultés rencontrées lors des procédures judiciaires.
Cette situation relance le débat sur l’adoption du projet de loi relatif aux violences basées sur le genre, élaboré depuis 2024 mais toujours en attente d’examen parlementaire. Alors que le président Paul Biya a fait de la protection des femmes et des jeunes une priorité affichée, la pression s’accentue sur les autorités pour transformer les engagements en mesures concrètes.
