Tchad : huit figures de l’opposition arrêtées après la dissolution d’une coalition politique

La tension politique monte d’un cran au Tchad. Huit dirigeants de partis d’opposition ont été arrêtés samedi 25 avril à N’Djamena, au lendemain de la dissolution du Groupe de concertation des acteurs politiques (Gcap), une coalition réunissant partis d’opposition et organisations de la société civile.

Selon plusieurs sources au sein de l’opposition, les interpellations ont été menées sans mandat d’arrêt ni communication officielle sur les motifs retenus contre les responsables politiques.

La première arrestation a visé le professeur Avocksouma Djona Atchénémou, président du parti Les Démocrates, appréhendé à son domicile en compagnie de son épouse dans la matinée. Informés, plusieurs autres responsables du Gcap se sont réunis en urgence au siège du Parti africain pour la paix et la justice sociale (PAP/JS). Sept d’entre eux y ont ensuite été arrêtés par les forces de sécurité.

D’après Hissen Abdoulaye, les agents ont également saccagé les locaux du PAP/JS, brisé des vitres et saisi des véhicules stationnés sur place. Il affirme que les leaders de la coalition faisaient déjà l’objet de menaces et de pressions depuis plusieurs jours.

Parmi les personnalités interpellées figurent notamment Max Kemkoye et Nassour Koursami. Conduits à la police judiciaire de N’Djamena, ils n’auraient pas encore eu accès à leurs avocats.

Ces arrestations surviennent après la décision de la Cour suprême d’interdire le Gcap, alors que la coalition préparait une marche de protestation prévue le 2 mai. Le ministre de la Sécurité, Ali Ahmat Akhabache, avait dénoncé une initiative susceptible de troubler l’ordre public.