L’ONU accusée d’immobilisme dans le scandale des abus sexuels des casques bleus en Centrafrique

sangaris-abusL’ex-juge canadienne Marie Deschamps et des associations de défense des droits de l’Homme sont revenues à la charge ce mercredi, dans l’affaire des révélations sur les abus sexuels perpétrés par des soldats français et africains, dans le cadre des missions de maintien de la paix des Nations Unies (ONU) en Centrafrique.

L’ONU n’avance pas sur le dossier, affirmé la juge canadienne qui était à l’origine d’un rapport de décembre 2015, qui stigmatisait «l’échec flagrant» de l’ONU face aux accusations d’abus sexuels en Centrafrique.

«Même si le nouveau secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a promis de faire des victimes de tels sévices une priorité, on ne voit pas de développements concrets, pas de pression qui est mise, il n’y a rien qui se passe », a estimé Mme Deschamps lors d’une conférence de presse à New York.

Intervenant aux côtés de responsables de la campagne Code Blue qui lutte contre l’impunité de ce type de crimes, Mme Deschamps a cité, comme témoin de l’immobilisme de l’ONU, un documentaire de la télévision publique suédoise qui affirme avoir retrouvé récemment à Bangui, des enfants victimes d’abus sexuels commis par des soldats français en 2013-2014. « Certains étaient livrés à eux-mêmes alors que l’UNICEF affirme qu’ils bénéficient tous de son aide », selon les auteurs du film.

Mme Deschamps, ex-juge de la Cour suprême canadienne, a rappelé les recommandations formulées dans son rapport, préconisant notamment la constitution de tribunaux ad hoc pour enquêter immédiatement sur place en cas d’allégations d’abus sexuels. « Cela permettrait de réunir plus de preuves pour condamner les coupables », a-t-elle souligné.

Fin mars dernier, le parquet de Paris a requis un non-lieu dans l’enquête sur les accusations d’abus sexuels commis entre 2013-2014, portées contre les soldats de la force Sangaris, intervenue dans cette ancienne colonie française avec l’autorisation de l’ONU.

Le parquet a estimé que les éléments recueillis et « la variation des témoignages ne permettent pas d’établir des faits circonstanciés et étayés à l’encontre des militaires mis en cause».

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