Depuis l’extradition, le 17 janvier, de l’ancien chef de la transition Paul-Henri Damiba de Lomé vers Ouagadougou, une vaste opération de mises à l’écart secoue les milieux militaires burkinabè. Plusieurs officiers, mais aussi des civils, sont dans le viseur des autorités, qui les soupçonnent d’avoir entretenu des liens avec l’ex-dirigeant, accusé de manœuvres répétées pour déstabiliser le pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré.
Selon des sources sécuritaires, plusieurs chefs de corps seraient introuvables depuis le retour de Damiba au pays. Certains officiers supérieurs de la gendarmerie auraient été placés sous étroite surveillance, désarmés ou convoqués par les services de renseignement. D’autres, en mission à l’étranger – notamment en Asie –, ont été rappelés de manière anticipée afin de s’expliquer sur leurs relations passées et leurs loyautés.
Au sein des forces de défense et de sécurité, cette série d’interpellations est perçue comme une véritable purge. Elle répondrait à un double objectif. D’un côté, neutraliser tout réseau réel ou supposé proche de Paul-Henri Damiba ou de l’ancien patron de la gendarmerie, le colonel Evrard Somda, arrêté il y a deux ans. De l’autre, engager une recomposition en profondeur de la hiérarchie militaire.
Cette réorganisation vise aussi à accélérer un renouvellement générationnel, avec la promotion de cadres plus jeunes, formés ou appelés à l’être au sein du collège d’enseignement militaire supérieur récemment créé. Des officiers considérés comme plus loyaux au régime en place, et sur lesquels la junte entend s’appuyer pour consolider son emprise sur l’appareil sécuritaire.
