Le Romuald Wadagni doit être officiellement investi hier dimanche 24 mai à Cotonou, ouvrant une nouvelle page politique au Bénin après dix années de pouvoir exercé par Patrice Talon. Élu dès le premier tour de la présidentielle du 12 avril avec plus de 94 % des suffrages, l’ancien ministre des Finances succède à son mentor politique lors d’une cérémonie hautement symbolique organisée au Palais des congrès de Cotonou.
Près de 6 000 invités et seize délégations étrangères sont attendus pour cette investiture, dont des représentants des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel : le Mali, le Burkina Faso et le Niger. La présence de responsables nigériens attire particulièrement l’attention dans un contexte de relations toujours tendues entre Niamey et Cotonou depuis la fermeture de leur frontière commune en 2023.
La cérémonie doit débuter par la proclamation officielle des résultats par la Cour constitutionnelle du Bénin, avant la prestation de serment du nouveau président. Romuald Wadagni recevra ensuite les attributs de chef de l’État et sera investi Grand Maître des ordres nationaux, avant de prononcer son premier discours présidentiel.
Cette transition marque la fin de l’ère Talon, caractérisée par d’importantes réformes économiques et administratives, mais également par des critiques récurrentes sur le recul des libertés politiques et les réformes institutionnelles controversées engagées sous son mandat.
L’ancien président entend néanmoins rester actif dans la vie publique. Grâce à la révision constitutionnelle de 2025, Patrice Talon siègera désormais de droit au nouveau Sénat béninois, présenté comme une institution chargée de veiller à la stabilité et à l’équilibre de la vie politique nationale.
Avec l’arrivée de Romuald Wadagni, le Bénin entame ainsi une nouvelle phase politique sous haute surveillance régionale et internationale.
