Multiples défis humanitaire au Mali

222Suivant les derniers chiffres rendus publics par le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA), la situation humanitaire au Mali demeure préoccupante. Ce, en particulier, pour les déplacés internes censés pouvoir rentrés chez eux après la libération du nord.

L’opération Serval a certainement chassé les groupes armés islamistes du nord du Mali. Mais, elle n’a pas encore convaincu les autochtones d’y retourner. Du fait de l’occupation partielle du Mali, l’OCHA avait dénombré 400 000 réfugiés et déplacés internes. A présent, rien que 14 000 sont retournés au bercail. D’après le responsable local de l’organisme spécialisé de l’ONU, « des raisons sécuritaires et économiques » empêchent cette population de quitter leur milieu d’accueil. En effet, le nord n’est pas totalement dépollué d’engins explosifs à l’instar de mines : ces équipements peuvent non seulement mettre en péril la vie des personnes mais constituent également un obstacle à l’arrivée de l’aide humanitaire. De même, toute sorte de violences, dont les attaques de convoi, plongent les bénéficiaires de cette assistance dans l’incertitude. De plus, la sécurité alimentaire n’est pas du tout assurée en cas de retour : un foyer sur cinq éprouverait de sérieuses difficultés alimentaires.

A côté, il y a le volet sanitaire, qui n’est pas totalement rassurant : quand ce n’est pas le personnel soignant qui manque dans les centres hospitaliers, le matériel n’est pas adéquat. Comme si ce n’était pas suffisant, des épidémies menacent les zones du nord. Pour preuve, 38 cas de rougeole ont été diagnostiqués entre Gao et Kidal ; et, cette région n’est pas à l’abri d’une épidémie de choléra, que favorise la saison des pluies approchante. L’OCHA se préoccupe aussi des questions éducatives : si 37 % des élèves ont repris les cours dans les régions de Gao et de Tombouctou, aucun établissement scolaire ne fonctionne dans la région de Kidal. Que des problèmes, que l’organisme onusien tente de soulager par le biais d’un appel de fonds de 114 millions de dollars : jusqu’à présent, seuls 28 % de ce budget a été mis à disposition.

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