Les députés de l’Assemblée nationale du Cameroun ont adopté, lundi 23 mars, une loi prolongeant leur mandat de neuf mois supplémentaires, à l’issue d’une séance plénière tenue au Palais de verre « Paul Biya » à Yaoundé. Initialement attendu à échéance le 31 mars, après une première prolongation, ce mandat est désormais étendu jusqu’au 20 décembre 2026.
Selon les autorités, cette mesure exceptionnelle répond à la nécessité d’organiser les prochaines élections législatives dans des conditions optimales. Le gouvernement évoque des contraintes multiples, notamment sur les plans logistique, organisationnel et sécuritaire, qui rendraient difficile la tenue du scrutin dans les délais prévus. Aucune nouvelle date officielle n’a, pour l’heure, été communiquée.
Ce type de prorogation n’est pas inédit dans le pays. Par le passé, les autorités camerounaises ont déjà procédé à des reports électoraux similaires, justifiés par la volonté d’assurer la crédibilité et la transparence du processus électoral. Toutefois, ces décisions suscitent régulièrement des interrogations quant au respect du calendrier démocratique.
Dans le contexte actuel, cette prolongation intervient alors que le débat sur la réforme du système électoral reste d’actualité. Plusieurs acteurs politiques et organisations de la société civile plaident pour un renforcement des garanties de transparence et une meilleure inclusion des différentes sensibilités politiques.
Du côté de l’opposition, même si les réactions officielles se font encore attendre, des critiques pourraient émerger face à ce nouvel allongement du mandat des élus sans consultation populaire. Certains y voient déjà un risque de crispation politique, dans un climat où la confiance envers les institutions électorales demeure fragile.
Cette décision pourrait ainsi relancer les discussions sur la gouvernance électorale au Cameroun, à l’approche d’échéances politiques importantes.
