Le défaut de financement public ralentit la campagne électorale au Togo

A moins de 72 heures de la fin de la campagne pour l’élection présidentielle du 22 février au Togo, l’ambiance est toujours morose en raison d’un défaut de financement public qui contraint les candidats à revoir leur programme initial de campagne.

Environ 42 millions Franc CFA: c’est le montant promis le 05 décembre 2019 par l’Etat togolais “au titre du financement public pour la campagne” de chacun des sept (07) candidats en lice pour l’élection présidentielle.

Seulement voilà, l’attente se fait longue et sur le terrain, la différence est criarde entre les candidats de l’opposition et le camp du président sortant, Faure Gnassingbé.

En effet, le seul à conduire un véritable programme de campagne jusque-là et à avoir une vraie visibilité sur toute l’étendue du territoire, c’est le candidat de l’Union pour la République (UNIR, pouvoir), Faure Gnassingbé, dont la campagne est appuyée par des panneaux géants, affiches murales importantes, caravanes, grands meetings, etc.

Tous les moyens sont mobilisés pour convaincre un maximum d’électeurs en faveur d’un quatrième mandat de Faure Gnassingbé, même si au QG de campagne d’UNIR, l’on estime que le défaut de financement par l’Etat impacte aussi les activités prévues du président sortant.

Les autres candidats jugés outsiders, sont quasiment noyés dans cette campagne à double vitesse. Le candidat de l’Alliance démocratique pour le développement intégral (Addi), Aimé Gogué, a dû revoir ses ambitions à la baisse. Idem chez Mohamed Tchassona Traoré, le candidat du Mouvement citoyen pour la démocratie (MCD) qui a aussi dû faire une croix sur certains événements prévus.

«On a dû réduire les meetings. Au lieu de faire de grands meetings, on fait de petits meetings. Chaque candidat aujourd’hui fait avec les moyens du bord. Il s’agit souvent de la participation des amis. Il y a des gens généreux parfois qui apportent leur soutien à des candidats», explique Traoré.

Seuls Agbéyomé Kodjo, “candidat unique d’une frange de l’opposition” et Jean-Pierre Fabre, ex-chef de file de l’opposition, s’extirpent un peu du lot, avec beaucoup d’improvisations, «dans la mesure des moyens disponibles», confie-t-on dans leurs QG de campagne. Le gouvernement ne fournit pour l’heure, aucune explication sur le retard qu’accuse le déboursement des fonds publics promis.

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