Au Sénégal, la justice a rendu une décision marquante avec la première condamnation fondée sur la nouvelle loi durcissant la répression de l’homosexualité. Le 10 avril, un homme de 24 ans a écopé de six ans de prison ferme et d’une amende de deux millions de francs CFA devant le tribunal de Pikine-Guédiawaye, en périphérie de Dakar.
Adoptée le 11 mars par une large majorité parlementaire, puis promulguée à la fin du mois par le président Bassirou Diomaye Faye, cette législation renforce nettement l’arsenal pénal. Les peines encourues passent désormais de cinq à dix ans d’emprisonnement. Le texte va plus loin en introduisant la notion de « promotion » de l’homosexualité, également passible de poursuites.
Cette première application judiciaire intervient dans un contexte de répression accrue. Depuis février, environ soixante personnes ont été arrêtées, souvent à la suite de dénonciations ou d’inspections de téléphones. Dans plusieurs cas, l’identité des suspects a été rendue publique, les exposant à des violences et à une forte stigmatisation sociale. Certaines personnes sont aussi poursuivies pour des accusations liées à la transmission du VIH.
La loi a suscité de vives critiques à l’international. Des organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch ont dénoncé une atteinte aux libertés fondamentales et appelé les autorités à revoir leur position.
Dans ce climat tendu, de plus en plus de personnes LGBT+ envisagent de quitter le pays. Des associations telles que STOP Homophobie signalent une augmentation rapide des demandes d’assistance. Cette première condamnation pourrait ainsi marquer le début d’une application plus systématique de cette loi controversée.
