Maroc-Algérie : La provocation casuelle

alg-morLes rapports entre le Maroc et l’Algérie qui ne sont pas au beau fixe en raison du conflit du Sahara et de la fermeture des frontières terrestres depuis 1994, connaissent depuis peu une escalade dangereuse.
Rabat vient de rappeler pour consultations, son ambassadeur à Alger en guise de protestation contre le contenu « provocateur et agressif » du discours que le président algérien Abdelaziz Bouteflika avait adressé à une conférence sur le Sahara le 28 octobre à Abuja.
Dans le discours lu au son nom à la rencontre d’Abuja, le président Bouteflika avait jugé « plus que jamais d’actualité » la mise en place d’un mécanisme international de surveillance des droits de l’Homme au Sahara, sachant pertinemment que le Conseil de Sécurité de l’ONU avait déjà rejeté en avril dernier, un projet de résolution américain qui proposait d’élargir le mandat de la MINURSO à la surveillance des droits de l’homme au Sahara Occidental.
Dans un communiqué diffusé mercredi, le ministère marocain des affaires étrangères va direct au but en affirmant que «le contenu volontairement provocateur et les termes foncièrement agressifs de ce message émanant, de surcroit, de la plus haute autorité du pays, reflète clairement la posture de l’Algérie en tant que partie prenante à ce différend (du Sahara) et dévoile sans équivoque, sa véritable stratégie fondée sur l’instrumentalisation politique de la noble cause des droits de l’homme».
L’allusion est faite aux intentions du président Bouteflika qui ne s’est pas encore remis d’un accident vasculaire cérébral (AVC) dont il souffre depuis avril dernier, de briguer un quatrième mandat présidentiel.
La campagne d’hostilité algérienne contre le Maroc, précise un analyste occidental basé à Alger, est un acte prémédité concocté par le clan Bouteflika et l’oligarchie militaire. L’équipe dirigeante actuelle à Alger craint en effet que la décision de Bouteflika ne soit repoussée par la société civile et les partis de l’opposition. D’où l’idée saugrenue des dirigeants algérois, ajoute l’analyste, d’entrer en confrontation verbale directe avec la monarchie marocaine pour détourner l’attention de l’opinion publique et astreindre les forces vives de la nation à la mobilisation autour d’une tension artificielle avec le voisin marocain.
Mais les Algériens et les opposant au régime de Bouteflika très habitués à de telles manœuvres politicienne et préélectorales, conclu l’analyste, ne sont ni dupes ni crédules pour mordre à l’hameçon.

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