Au Cameroun, le Parlement a connu, mardi 17 mars, un tournant institutionnel avec l’élection de nouveaux dirigeants à la tête de ses deux chambres. Sans bouleverser les équilibres politiques, ce changement marque néanmoins la fin d’une longue période dominée par des figures historiques.
À l’Assemblée nationale, Théodore Datouo, membre du RDPC, a été porté à la présidence. Ancien vice-président de l’institution, il succède à Cavayé Yéguié Djibril, qui aura marqué la vie politique avec plus de trois décennies à la tête de la chambre basse. Ce départ, après 54 ans de présence parlementaire, est perçu comme un moment charnière dans l’histoire politique du pays.
Du côté du Sénat, Aboubakary Abdoulaye a été élu à l’unanimité pour remplacer Marcel Niat Njifenji, âgé de 91 ans. Figure influente du Nord et chef traditionnel respecté, il occupait jusque-là la fonction de premier vice-président. Son accession au perchoir fait de lui la deuxième personnalité de l’État.
Ce double renouvellement intervient alors que le président Paul Biya a annoncé, en début d’année, un remaniement gouvernemental très attendu. Pour certains observateurs, ces changements au Parlement pourraient en être les prémices.
Toutefois, malgré ces nouvelles nominations, la continuité reste dominante. Les nouveaux responsables appartiennent au même parti au pouvoir et s’inscrivent dans la même ligne politique. Plus qu’une rupture, il s’agit d’un ajustement interne du système, visant à assurer la stabilité tout en donnant des signes d’évolution institutionnelle.
