Sénégal : la démission du président de l’Assemblée ouvre un nouveau front politique

Le Sénégal traverse une nouvelle zone de turbulences politiques après la démission surprise de Malick Ndiaye, annoncée dimanche soir sur les réseaux sociaux. Cette décision intervient moins de deux jours après le limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko par le président Bassirou Diomaye Faye.

Dans son message, Malick Ndiaye évoque un « choix personnel » motivé par sa conception des institutions et de l’intérêt national, sans donner davantage d’explications. Mais dans le contexte actuel de rupture entre Diomaye Faye et Sonko, cette démission est largement perçue comme une réponse politique du camp de l’ancien chef du gouvernement.

Fidèle parmi les fidèles d’Ousmane Sonko, Malick Ndiaye laisse vacant un poste stratégique qui pourrait désormais revenir à l’ex-Premier ministre lui-même. Une telle hypothèse renforcerait considérablement l’influence politique de Sonko en faisant de lui le deuxième personnage de l’État à la tête d’une Assemblée nationale dominée par le Pastef, fort de 130 députés sur 165.

Avant cela, Ousmane Sonko devra toutefois récupérer officiellement son siège de député obtenu lors des législatives de 2024. L’Assemblée nationale doit justement se réunir le 26 mai pour examiner cette question et désigner un nouveau président.

Cette perspective fait craindre une confrontation institutionnelle ouverte entre l’exécutif et le pouvoir législatif. Le politologue Moussa Diaw évoque le risque d’une crise politique majeure, avec une Assemblée susceptible de bloquer systématiquement l’action du gouvernement.

Dans l’immédiat, l’incertitude demeure sur la composition du futur gouvernement et sur l’attitude que choisiront les cadres du Pastef vis-à-vis du président Diomaye Faye. Le congrès du parti prévu le 6 juin pourrait clarifier la stratégie politique d’Ousmane Sonko après son éviction du pouvoir exécutif.