Au Burundi, la situation humanitaire des réfugiés fuyant l’est de la République démocratique du Congo continue de se détériorer. Selon les Nations unies, au moins 53 réfugiés congolais sont décédés ces dernières semaines, dont 25 victimes du choléra. D’autres morts sont attribuées à l’anémie et à des complications liées à la malnutrition, a indiqué le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).
Depuis le regain des combats dans les provinces orientales de la RDC, notamment au Sud-Kivu, plus de 100 000 Congolais ont trouvé refuge au Burundi. Cet afflux massif, inédit par son ampleur, met à rude épreuve les capacités d’accueil d’un pays déjà confronté à de fortes contraintes humanitaires.
Face à l’urgence, les autorités congolaises ont envoyé, le vendredi 9 janvier, une délégation à Bujumbura avec des vivres et des biens de première nécessité. Mais sur le terrain, les conditions de vie restent extrêmement précaires. À Cibitoke, dans le nord-ouest du Burundi, de nombreux réfugiés vivent sans abri adéquat, sans accès suffisant à l’eau potable ni à des installations sanitaires.
Joint par RFI, Sjukuru Rukara, réfugié originaire de Luvungi, dans le territoire d’Uvira, décrit une situation critique. Selon lui, une grande partie des réfugiés n’a toujours pas reçu d’assistance humanitaire après plus d’un mois de présence. « L’absence d’eau potable et de toilettes favorise les maladies hydriques, la diarrhée et le choléra », explique-t-il.
À ces difficultés sanitaires s’ajoute une insécurité persistante. Certains réfugiés seraient victimes d’agressions en se rendant à la rivière pour chercher de l’eau. « Parfois, on retrouve des corps », déplore-t-il, soulignant la gravité d’une crise qui ne cesse de s’aggraver.
