Sud du Tchad : nouvelles tensions armées autour de Korbol, civils au cœur des accusations

De violents affrontements ont opposé, mardi 13 janvier 2026, l’armée tchadienne aux combattants du Mouvement pour la paix, la réconciliation et le développement (MPRD) dans la localité de Korbol, au sud du pays. Selon un communiqué militaire publié le lendemain, les combats ont fait trois morts et dix blessés parmi les forces de défense et de sécurité.

Depuis, d’importants dispositifs militaires ont été déployés dans la zone. Conduites par le premier adjoint au chef d’état-major des armées, des colonnes ratissent l’axe Korbol–Melfi afin de localiser et encercler les éléments du MPRD. Des sources locales indiquent toutefois qu’aucun nouvel affrontement n’a été signalé mercredi.

Le gouvernement se veut rassurant. Le ministre de la Communication et porte-parole de l’exécutif, Gassim Cherif, affirme que « la situation est maîtrisée ». Selon les autorités, les combattants du MPRD, qualifiés de « hors-la-loi », se seraient dispersés après les accrochages.

De son côté, le MPRD ne communique pas de bilan chiffré. Son secrétaire général, Luc Beyam, soutient néanmoins que les pertes seraient plus lourdes dans les rangs de l’armée que chez les rebelles.

Les causes des affrontements restent vivement contestées. Les autorités affirment avoir été victimes d’une embuscade alors qu’elles menaient une opération contre des « bandits armés » accusés de maltraiter les populations locales. Le MPRD rejette cette version et accuse, à son tour, les forces déployées dans la région du Moyen-Chari d’exactions contre des civils, évoquant humiliations, assassinats et pressions.

Fondé en 2005 par Djibril Nasser, ancien chef d’état-major sous Idriss Déby devenu opposant armé, le MPRD reste un acteur central des tensions persistantes dans le sud du Tchad.