Au Cameroun, le procès de l’assassinat de l’animateur radio Martinez Zogo s’est poursuivi début janvier 2026 devant le tribunal militaire de Yaoundé avec l’audition d’un ancien cadre de la Direction générale du renseignement extérieur (DGRE). Le commissaire divisionnaire Ellong James, ex-directeur des opérations, a livré un témoignage mettant en cause le respect de la chaîne de commandement au sein du service.
À la barre, il a affirmé que Justin Danwe, alors directeur des opérations, n’avait pas le pouvoir d’ordonner une opération contre Martinez Zogo. Selon lui, seule une décision du directeur général pouvait l’autoriser, ce que conteste Maxime Eko Eko, patron de la DGRE au moment des faits et également accusé dans ce dossier.
Ellong James a décrit une opération marquée par plusieurs irrégularités, tant dans son déroulement que dans la composition du commando. Il a aussi souligné le coût élevé d’une surveillance ayant duré 17 jours, estimant impossible qu’elle ait été financée par des fonds officiels, la DGRE ne disposant pas, selon lui, de caisse noire.
La défense de Justin Danwe a dénoncé un témoignage biaisé et évoqué un conflit d’intérêts, tandis que l’avocat de l’État a rappelé que Martinez Zogo ne pouvait être considéré comme une cible légitime d’un service de renseignement.
Animateur très suivi à Yaoundé, Martinez Zogo avait été enlevé le 17 janvier 2023 avant d’être retrouvé mort cinq jours plus tard, portant des traces de torture. L’affaire implique dix-sept accusés et reste l’un des procès les plus sensibles du pays.
