Bénin : un élu de l’opposition face à la justice après la tentative de putsch

Au Bénin, les suites judiciaires de la tentative de coup d’État avortée du 7 décembre 2025 entrent dans une phase décisive. Mardi 13 janvier, le député d’opposition Soumaïla Sounon Boké, membre du parti Les Démocrates, a été le premier des mis en cause à comparaître devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), à Cotonou. Il est poursuivi pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État » et « incitation à la rébellion ».

Parmi la cinquantaine de personnes placées en détention provisoire dans ce dossier, l’élu est donc le premier à être entendu par les juges. Sa comparution s’inscrit dans le cadre d’une procédure de flagrant délit, vivement contestée par ses avocats. La défense estime que les conditions légales ne sont pas réunies, soulignant un décalage temporel entre les faits reprochés et l’arrestation.

« Peut-on parler de faits voisins lorsque les événements se situent entre le 7 et le 16 décembre ? Certainement pas », a plaidé Me Mousbaye Padonou, qui dénonce également la levée de l’immunité parlementaire de son client.

Les poursuites s’appuient sur un message publié sur les réseaux sociaux le jour même de la tentative de putsch, dans lequel le député écrivait : « C’est jour de fête ». À la barre, vêtu de blanc, Soumaïla Sounon Boké a affirmé que ces propos faisaient référence à de simples retrouvailles amicales, réitérant son opposition personnelle – et celle de son parti – à toute prise de pouvoir par la force.

La demande de mise en liberté provisoire formulée par la défense a été rejetée. L’affaire a été renvoyée au 24 février. Le député a quitté l’audience menotté, sous escorte renforcée.