Cameroun : l’attente se prolonge autour d’un remaniement gouvernemental annoncé

Au Cameroun, deux semaines se sont écoulées depuis que le président Paul Biya a évoqué, dans son discours de nouvel an, la formation d’un « nouveau gouvernement » dans « les prochains jours ». Une annonce inhabituelle de la part du chef de l’État, qui a procédé à plus de trente remaniements en 43 ans de pouvoir, le plus souvent sans les annoncer. Pour l’heure, aucune nomination n’est intervenue.

Le gouvernement actuel, conduit par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, est en place depuis sept ans. Il fonctionne sans renouvellement formel, malgré le décès ou la démission de plusieurs ministres, dont Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma Bakary, candidats à la dernière présidentielle, et en dépit de plusieurs affaires à caractère financier ayant émaillé la vie publique.

Dans les rangs du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, les attentes sont fortes. Christophe Mien Zock, directeur de la propagande du parti, reconnaît un mécontentement exprimé lors de la présidentielle, notamment sur la gouvernance et les infrastructures. Il estime que Paul Biya a tracé les contours d’une future équipe fondée sur la probité et l’intégrité, tout en appelant à juger sur pièces.

Dans l’opposition, les réactions divergent. Au Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), de Cabral Libii, on se dit concentré sur les prochaines législatives et municipales, mais ouvert à une éventuelle participation gouvernementale. À l’Union démocratique du Cameroun (UDC), Hermine Patricia Tomaïno Ndam Njoya se montre sceptique, estimant qu’un simple remaniement ne saurait répondre aux blocages structurels du pays.

Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, pour sa part, refuse de commenter, contestant la légitimité du nouveau mandat présidentiel.