Nouvelle confrontation diplomatique entre la République démocratique du Congo et le Rwanda devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Réunis le 15 avril à New York, les représentants des deux pays se sont mutuellement accusés de violer leurs engagements, sur fond de conflit persistant dans l’est congolais.
Plusieurs États membres ont appelé Kigali à retirer ses troupes du territoire congolais. En réponse, le représentant rwandais a invoqué la menace persistante des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), accusées de déstabiliser la région et de représenter un danger pour le Rwanda. Une justification fermement rejetée par Kinshasa, qui affirme être en mesure d’assurer seule la sécurité de sa population.
Face à cette escalade verbale, l’envoyé spécial de l’Organisation des Nations unies pour la région des Grands Lacs a appelé à un cessez-le-feu immédiat, soulignant que toute solution durable dépendra avant tout de la volonté des parties à privilégier le dialogue.
Les États-Unis ont, de leur côté, durci le ton. Washington a exhorté la RDC à respecter ses engagements visant à neutraliser les FDLR, tout en avertissant que toute entrave au processus de paix pourrait entraîner des conséquences. En mars, les États-Unis avaient déjà imposé des sanctions contre le Rwanda.
Depuis plus de trois décennies, l’est de la RDC reste le théâtre de violences récurrentes, alimentées par la présence de groupes armés et les rivalités régionales. Malgré plusieurs accords, notamment à Doha et Washington, les combats se poursuivent, notamment après les offensives de l’AFC/M23 qui ont conduit à la prise de villes stratégiques comme Goma et Bukavu en 2025.
Cette nouvelle passe d’armes à l’ONU illustre les fragilités persistantes du processus de paix dans la région.
