Quelques heures après l’annonce de l’interpellation en Afrique du Sud de Kemi Seba (fondateur de l’ONG « Urgences panafricanistes »- connue pour ses diatribes permanentes contre la France et les pouvoirs africains alliés de Paris-), la Présidence béninoise a précisé en fin de matinée ce 16 avril qu’elle est «en train de prendre les dispositions pour qu’une délégation se rende sur place pour les formalités en vue de l’extradition de Kemi Seba (44 ans, déchu de la nationalité française en 2024, détenteur d’un passeport diplomatique nigérien)».
La plus haute institution béninoise souligne que Kémi Seba «aurait souhaité qu’on le rapatrie sur le Niger et pas au Bénin». L’influenceur K. Seba s’est vu offrir ces dernières années «un passeport diplomatique nigérien» par les actuelles autorités du Niger qui y dirigent une Transition depuis le putsch du 26 juillet 2023.
Cette nouvelle affaire diplomatique autour de K. Seba intervient au moment où le Niger (voisin immédiat du Bénin) mène une virulente politique anti-occidentale et est toujours en froid avec le pouvoir de Patrice Talon.
L’arrestation de K. Seba est survenue «dans un Centre commercial de Pretoria. Il a été interpellé en compagnie d’un facilitateur, qui avait reçu 250.000 rands, soit environ 13.000 euros, pour l’aider à traverser la frontière», a détaillé la Police sud-africaine.
En octobre 2024, Kemi Seba avait déjà été placé en garde à vue en France «en raison de soupçons de liens avec le groupe paramilitaire russe Wagner». L’enquête du parquet de Paris se poursuivait encore récemment, soulignent les autorités judiciaires de l’Hexagone.
En 2023, plusieurs médias occidentaux avaient publié les «Wagner Leaks» issus d’un piratage de documents internes au groupe paramilitaire Wagner. Ces «Leaks» indiquaient que son fondateur, feu Evgueni Prigojine, «avait financé et guidé certaines actions de Kemi Seba en Afrique, entre 2018 et 2019».
Romuald Wadagni, prochain successeur de Patrice Talon, a fait de l’apaisement des tensions diplomatiques de son pays avec le Niger et le Togo des priorités absolues de son premier septennat.
