La tension remonte à la frontière entre le Tchad et le Soudan après une nouvelle série de frappes de drones attribuées aux Forces de soutien rapide dans la zone de Tina, à l’est du Tchad. Des organisations humanitaires, dont Médecins sans frontières, alertent sur le risque d’une aggravation dramatique de la situation sécuritaire et humanitaire.
Selon le chef de mission de MSF au Tchad, Issiaka Abdou, les attaques ont repris ces derniers jours après plusieurs semaines d’accalmie relative. La localité de Tina, proche de la frontière soudanaise, avait déjà été frappée en mars dernier lors d’une attaque meurtrière qui avait causé la mort d’une vingtaine de personnes.
Entre le 8 et le 11 mai, les équipes médicales de Médecins sans frontières et les autorités sanitaires tchadiennes ont pris en charge 47 blessés, dont plusieurs dans un état critique. Les humanitaires craignent désormais une extension des violences vers d’autres zones frontalières déjà fragilisées par l’afflux massif de réfugiés.
Cette reprise des bombardements intervient dans un contexte humanitaire extrêmement préoccupant. Des centaines de milliers de civils ayant fui les combats au Darfour continuent d’arriver dans l’est du Tchad, où les infrastructures sanitaires et les capacités d’accueil restent insuffisantes.
Selon les acteurs humanitaires présents sur place, près de 1,5 million de personnes déplacées vivent actuellement dans des conditions précaires le long de la frontière, avec un accès limité à l’alimentation, à l’eau et aux soins médicaux. La multiplication des attaques fait désormais craindre une nouvelle déstabilisation régionale dans cette zone déjà sous forte pression.
